Khuzir – Ust-Barguzin : Entre poireautage et invasion française

La fin du séjour sur Olkhon sera très tranquille, je profite de l’auberge, du confort, des repas tout prêts et de l’internet et me promène autour du village, surtout sur la côte où le point de vue sur la petite mer est assez impressionnant depuis le rocher du chaman, un des principaux haut-lieu du chamanisme en Bouriatie.DSC_8683

Le 22, le bateau part à 17h pour traverser le lac vers Ust-Barguzin et devant libérer la chambre à midi, je me retrouve à errer dans les rue poussiéreuses de Khuzir tout l’aprèm.DSC_8713

Une fois arrivé sur la plage où viendra s’échouer le bateau, j’entends parler français dans tous les sens, et effectivement, il y a un groupe de 70 gaulois un peu braillards qui prennent le même bateau avec tous leurs sacs, des vélos et une palette de bière et de coca. Je comprendrai plus tard qu’ils sont en voyage organisé/course sportive en plusieurs étapes.

De mon côté je sympathise avec un couple de suisses vraiment sympa qui me payent une bière au moment de monter dans le bateau. On s’installe et c’est l’apéro tout en parlant de nos voyages respectifs. Eux reviennent du nord du lac et en voyant les photos, je suis un peu jaloux, moi qui ait du annuler cette partie du trip. Ils ont aussi un peu tourné à pied sur Olkhon et il se confirme que le potentiel de cette île est bien caché et qu’il est tout à fait possible de faire de bonnes randos et voir des sites qui valent le coup d’œil avec un peu de temps devant soi.
L’ambiance du bateau est francophone tout le long et particulièrement sur le pont où on se croirait presque en partance pour Belle-Ile au 15 août, alors qu’on laisse l’île d’Olkhon derrière nous.

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L’auberge espagnole d’Ust-Barguzin

Mais alors qu’on avance vers la côte Est du lac, le ciel s’assombrit peu à peu et le naturel revient : je n’ai rien réservé sur place, on va arriver à la nuit noire, je commence à angoisser. Si on combine ça à mon estomac qui commence à ressentir le mouvement du bateau, j’en mène pas large. Mais cette fois encore, mes voisins suisses sont des crèmes et m’offrent un peu de pain/fromage/charcut’, il ne m’en faut pas plus pour que l’estomac se calme.

A l’arrivée, le groupe de français commence à décharger son conteneur de matériel et quelques russes commencent à s’échauffer. Avec mes voisins, on est aussi un peu dépités, nos sacs sont dessous…
Alors qu’on a réussi à s’extirper (nous et nos sacs) de là, mes compagnons de traversée rejoignent la voiture de leur hébergeur puisque, eux, ils ont réservé. Je me retrouve donc tout seul, google map en main, la frontale sur la tête en tournant en rond pour chercher la sortie.

A ce moment (où je me demande un peu ce que je fous dans cette galère) je tombe sur un groupe qui n’a pas l’air plus avancé. J’engage la discussion et effectivement, nous sommes 6 galériens à n’avoir rien réservé. On se dirige donc vers la sortie pour croiser deux autre groupes : respectivement 2 italiennes et 3 suisses qui sont déjà sur place, l’Europe sur le quai du port d’Ust-Barguzin…

L’hôtel où sont les 2 italiennes est moins cher, vamos ! Et voilà donc 2 polonais, 2 espagnoles et 2 français qui débarquent à 21h30 à l’hôtel, Lukasz (le polonais) parle un peu russe, donc il prend les renseignements et on s’installe avant de passer à l’apéro/repas, c’est l’Auberge espagnole… Demain, on prévoit d’aller faire un tour en vallée de Bargouzine, mais comme il est 23h, c’est dodo après cette journée un peu surréaliste.

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La Bargouzine, c’est plus grand que sur la carte…

Après moult tractations et négociations par l’intermédiaire de Lukasz tout la matinée, on part sur un tour avec guide de la vallée de Bargouzine pour 2800 roubles avec un repas Bouriate dans une ferme à mi-chemin.

C’est parti, on est 11 touristes dans le van, le guide ne parle que russe et le chauffeur roule à 70 sur les pistes en terres, rien que du très normal… Le matin, les visites sont surtout culturelles, des Églises, des sites bouddhistes. Malgré tout je comprend que l’histoire de la vallée a été assez mouvementée : entre les juifs réfugiés fuyant les pogroms, la culture bouriate originelle (bouddhiste) et les chrétiens orthodoxes, c’est un sacré mélange par ici.

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On passe notamment pas mal de temps sur un lieu de pèlerinage majeur pour les bouriates, le nombre d’offrandes témoigne de l’importance du lieu et du degré de fréquentation par les fidèles, un peu comme une cathédrale mais au milieu des bois et avec des tissus colorés au lieu des cierges.

Les paysages sont époustouflants. Le fond de la vallée est un mix de prairies et de roselières sur des kilomètres et des kilomètres, le tout encadré par des montagnes qui partent quasiment à angle droit, zéro transitions.
Là aussi, on se rend compte que la Russie est un pays démesuré. Sur la carte, on pourrait se dire que c’est pas si grand que ça et que c’est jouable à pied sur quelques jours. Mais en fait, il faut déjà 40 km, rien que pour arriver à l’entrée de la vallée.

Le chauffeur continue de tracer, il ne doit pas beaucoup tenir à ses amortisseurs vu comme on est ballotté dans tous les sens. On arrive finalement à une ferme pour manger, à 16h30, normal en Russie…
L’accueil en tenue traditionnelle bouriate fait un peu décalé, mais le repas est excellent. Entre la soupe à la viande de boeuf les posy (sorte de raviolis percés au dessus où il faut boire le jus avant de mordre dedans) et la salade, je me régale. Seule la vodka au lait me rebute un peu, mais bon, interdiction de refuser !

Au retour, on s’arrête sur des sites géologiques, assez nombreux dans cette partie de la vallée. La lumière avec le soleil qui se couche face à nous rend l’ambiance magique, avec quelques busards qui planent ici ou là.

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On rentre à Ust-Barguzin à la nuit, le temps de chopper quelques bières et on est à l’hôtel. Le reste de la soirée continue en mode apéro/auberge espagnole. Les autres préparent leurs affaires pour décoller demain matin à 5h pour Ulan-Ude, de mon côté j’ai prévu de rester ici quelques jours de plus pour profiter du coin.

2 commentaires pour “Rencontres et galères à Ust-Barguzin – Ep1”

  1. Salut.Entreprendre un voyage pareil tout seul,chapeau.Très bonne idée d’avoir créé ce site,qui permet de suivre ton avancement.
    Les rencontres fortuites dans des coins lointains laissent des souvenirs impérissables.
    Bon courage et bonne chance.
    André et Marie-Hélène Beunat.

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