48h de coches en tous genres

Après cette entrée en matière plutôt bof, le weekend de terrain qui arrive est des plus bienvenus, en deux jours, deux sessions terrain qui remotives et ramènent du dépaysement et de la découverte.

De l’art de chercher les geckos…

La soirée herpéto est une vraie libération hors de Nouéma. Une prospection reptiles dans les bois au dessus de Nouméa a tout pour me faire remonter le moral en flèche. Comme les espèces rehcerchées sont des geckos, le terrain se fait surtout de nuit, mais avec quand même une partie de jour pour rechercher quelques Scinques.

Petite parenthèse sur les reptiles terrestres de Nouvelles Calédonie. D’abord il n’y a pas de serpent là-bas, pas sur terre du moins, tous les serpents de NC sont marins. Les espèces terrestres de reptiles sont donc uniquement des lézards, très différents de nos Lacertidés européens, et représentés par deux groupes: les Scinques et les Geckos, les premiers étant diurnes et les seconds nocturnes.

Cette première partie diurne permet de profiter pleinement du premier contact avec la forêt de NC, j’en prends plein la vue entre la découverte de milieux et de plantes (bonjour les fougères arborescentes !) totalement nouveaux et les vues imprenables sur la côte ouest, le tout avec une lumière de coucher de soleil qui me remet un peu la machine voyage en route. Sans oublier mes premières observations de Scinques…

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J’apprends deux, trois trucs sur l’herpéto en Nouvelle-Caldéonie.
D’abord il y a des espèces à découvrir. En NC, il y a 42 espèces décrites de Geckos (dont 85% sont endémiques), mais le nombre exact est encore inconnu. De plus même pour celles décrites, les connaissances quant à leurs répartition et biologie/écologie restent très limitées, voire nulles, et ce aussi bien à 10 km de Nouméa que dans les secteurs les plus reculés de la Grand Terre.
Ensuite les prospections se font davantage en forêt que dans les milieux ouverts, ceux-ci étant trop chauds pour les reptiles en pleine journée.
Enfin, je découvre la recherche des geckos : de nuit (normal, ils sont nocturnes) avec lampe frontale et jumelles sur les arbres. Mais pour une identification certaine, il faut au moins avoir la bête en main et ça ne suffit parfois pas, avec les variations au sein d’un même genre seule l’analyse génétique est valable.
Avec 4 espèces observées, la soirée est pour moi riche en découvertes, malgré la frustration de certains de ne pas avoir trouvé un certain gecko.

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Il est bizarre ce sol, il est moyennement palpable

Le lendemain c’est randonnée au Mont-Mou, lequel porte bien son nom comme on le verra plus loin. Ce matin Mathias m’emmène donc grimper dans les montagnes Néo-Calédoniennes, et grimper est le bon terme, la randonnée du Mont Mou c’est de la montée raide touut le long mais qui dit grand dénivelé dit aussi grande diversité de milieux.

On commence donc dans une forêt humide peu dense mais avec déjà de la bête qui chante dans tous les sens et surtout le Notou, le plus gros pigeon de Nouvelle-Calédo et sa série de « ous » qui résonne dans tous les sens, mais on ne fait pas que l’entendre puisque mon collègue en repère un dans une trouée de végétation, pile poil pour la photo…

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La montée continue et je tente de me faire l’oreille sur les chants mais il faut avouer que c’est pas facile de repartir de zéro, outre le Notou, le Méliphage à oreillons gris et le Polochion moine reviennent souvent dans le concert qui nous entoure.

Après la forêt, on débouche dans le maquis. C’est là que ça cogne mais c’est aussi là qu’on a les meilleures vues sur la mer et la montagne, à plus forte raison en ce jour bien ensoleillé mais néanmoins légèrement nuageux, juste ce qu’il faut.

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Côté obs, ça continue dans la coche, entre l’Emouchet bleu, la Grive perlée et l’Hirondelle busière. C’est aussi la découverte côté botanique avec quelques Orchidée locales et même des Droseras, oui dans du maquis tout sec, loin de la tourbière.

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Le sommet est encore loin et avant ça, les milieux changent et le maquis se fait de plus en plus dense et fermé avec l’apparition des Araucarias qui donnent au tout un petit air préhistorique. En guise de reptile, Mathias attrape un petit Scinque qui représente probablement une découverte pour le secteur mais comme il est difficile d’identifier directement les espèces, même en main, c’est session photo sous tous les angles.

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Mais cette densification de la végétation et la tête qu’on a maintenant dans les nuages annoncent le clou de la randonnée : la forêt de nuages.

Derrière ce nom très poétique se cache la forêt la plus dense et la plus naturelle que m’ait été donné de voir. La densité d’arbres, leur âge, la taille des fougères arborescentes, le vert omniprésent flouté par la brume ambiante rendent le tout presque oppressant. La quantité de bois mort tant sur pied qu’au sol est tout bonnement hallucinante, on ne sait plus trop si ce qui se trouve sous nos pieds est une couche de plusieurs mètres de bois mort ou bien du sol « normal » et minéral, à tel point que celui-ci a parfois une texture étrange : il reste palpable mais la résistance au toucher est moindre.

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Pour ce qui est des obsesvations, le secteur est plein de Sourd calédoniens. Si on arrive à en apercevoir aux jumelles, la bestiole est tellement mobile qu’il est impossible d’en prendre une photo correcte au milieu de cette forêt ultra-dense.

La descente s’entame doucement entre la recherche de scinques et d’oiseaux, rien d’autre côté reptiles, mais pour l’ornitho, je fais ma première obs d’Echenilleur pie et de Sucrier écarlate perché sur un Araucaria, impossible de louper cette tache rouge au milieu du vert. Mais on a été tellement doucement qu’un bonne drache menace de loin, puis de près, et finit par nous tomber dessus pile quand on aborde le maquis, et que le chemin de terre battue qui devient méchamment casse-gueule. Pas le temps de faire de l’ornitho et le retour au pas de course s’accompagne de quelques chutes.

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Avant le retour à Nouméa le lendemain, ces deux dernier jours auront permis de mettre la machine naturaliste en branle, prêt pour la suite, pour d’autres randos ornitho (il reste encore quelques dizaines d’espèces à découvrir) et pour le passage du niveau 1 de plongée la semaine prochaine.

Commentaire pour “Le terrain est la solution”

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