Ah les bus ticos…

Au départ de Monteverde, je sais déjà que le timing va être serré pour rejoindre Tortugero. Rallier la côte Caraïbe depuis Monteverde implique 4 transports différents et un changement de terminal à San-Jose, chaud en une journée…

Je rate donc logiquement le bus de Gualipes à 15 min près pour devoir passer la nuit à San José.  C’est l’occasion de passer une nuit confortable avant d’attaquer la côte Caraïbe. Avec la météo pluvieuse, je prend mon mal en patience et trie les dizaines photos de Pajaros.

Le lendemain, je débarque au Terminal del Caribe de bonne heure. Trois maracuyas plus tard, le bus s’ébranle direction le nord-ouest. Les écouteurs dans les oreilles, j’ai tout le temps de profiter de la chaine centrale, merci les travaux. La montagne laisse bientôt la place à une plaine recouverte de plantations de bananiers. A Guapiles, il faut rejoindre La Pavona pour le bateau. L’étoile brille toujours et je partage le mini-bus avec un couple de chiliens avec ses deux gremlins.

La Pavona, fini la route, bienvenue la jungle. Toujours avec les chiliens, le bateau quasi vide trace (trop) vite vers Tortugero. Si les crocodiles sont bien cachés, il y a quand même quelques quelques toucans à montrer aux deux petits monstres. Finalement, la rivière s’élargit et on arrive enfin à Tortugero, fin de l’odyssée.

Monteverde, Tortugero, même combat

Comme Monteverde, Tortugero est une terre d’écotourisme. Je voulais voir ce que donnait un coin où la nature peut être aussi riche, foisonnante et luxuriante que possible et où le plus grand nombre peut la découvrir sans l’écraser.

Rien que dans le village, les Oropendola sont partout et on ne peut pas se balader sans voir un arbre avec un nid ou plus. Mais le choc vient le soir. En face de l’hostal, à la lueur d’un lampadaire : des dizaines de milliers de coléoptères. Tout dans un rayon de 10m baigne dans un nuage de coléoptères à tel point que le toit de l’hostal en est couvert. Aucun doute, pas de pesticides dans les parages.

N’ayant qu’une journée ici avant de filer vers le sud, l’optimisation est le maitre mot : une matinée en bateau dans le dédale de canaux dans le parc national et herpétologie à pied le reste de l’aprèm/soirée.

Ornitho, croco

6h, c’est parti. Depuis Monteverde, les réveils matinaux s’enchainent, que ce soit pour faire du terrain ou sauter dans un bus.

Je retrouve mon guide et 3 autres touristes et c’est parti. Peu d’échanges à bord, mes collègues et notre guide sont aimables, mais sans plus. Ça fait plus de temps pour fouiller la jungle du regard et des jumelles, tout en passant sous les premiers nids d’Oropendola

Bien qu’il soit peu bavard, le guide a toujours un œil imbattable. Alors qu’il ralentit le bateau, il pointe du doigt l’eau à 2 mètres du bord. Au bout de 30 secondes à scanner chaque cm², je le vois enfin : un bout de tête qui sort tout juste de la surface. Un petit Caïman, à l’affut.

Caiman, crocodilus, Reptile-2

Au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans ce dédale de canaux, je me crois un instant revenu au Pérou dans la réserve Pacaya Samiria. Les arbres immenses se dressent de chaque côté de l’eau, sans transition, sans terre apparente. Les espèces que l’on observe ont du donc s’adapter à vivre au-dessus ou bien dans l’eau.

Le Jacana lui a trouvé la parade. Ce petit échassier utilise les herbiers formés par les plantes de surface. Pas farouche, on passe près d’un adulte qui cherche tranquillement sa pitance.

Jacana, Oiseau, spinosa

Au bout d’un moment, les arbres sont tellement denses qu’il nous recouvrent et l’ambiance devient tout de suite plus sombre. C’est dans cet enchevêtrement de branches que je parviens finalement à dénicher un Savacou. Ce petit héron m’avait échappé dans les mangroves de Pajaros mais il est là, immobile et cherchant à se fondre dans la végétation.

Cochlearius, Oiseau

Alors qu’on prend le chemin du retour, on tombe sur un Basilic vert. Pas vraiment dur à trouver, ce magnifique mâle est tranquillement posé sur un branche, à la cool.

Au fur et à mesure que la rivière s’élargit, on parvient à trouver encore quelques nouveautés comme un Trogon de Masséna, avec son superbe ventre rouge, et un Onoré du Mexique qui vient compléter ma collection de hérons.

Basiliscus, plumifrons, Reptile-2

mexicanum, Oiseau, Trigrisoma

 Session herpéto légère

L’aprèm se passe dans le hamac de l’hostel avec la vue sur la mer des Caraïbes, 35°, c’est trop chaud, autant pour les reptiles que pour l’herpétologue.

Par contre le soir, c’est dans les strarting block que la sortie nocturne commence. Vu la chaleur écrasante de la journée, les amphibiens font les timides ce soir, et les reptiles restent en hauteur puisque la bouffe au sol reste planquée. Malgré tout, on parvient à dénicher un Serpent-liane et un Basilic à bandes avec quelques insectes bariolés.

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fulgidus, Oxybelis, Reptile-2

Mais le court séjour s’achève. Il me reste une semaine. Une semaine sur 10 mois de trip et la dernière destination, je l’ai choisie avec soin : une semaine pour m’imprégner à fond de la devise du pays, une semaine d’ornitho, d’herpéto et de snorkeling, direction Manzanillo !

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