Ou comment recevoir la première claque du voyage

03/09 – Enfin claque, une petite baffe serait plus appropriée. Mais avec une arrivée à 6h du mat à Beijing après 3 semaines en Russie (dont 6 en immersion dans le train) ça fait une transition un peu brutale.

A peine sorti de la gare, on est dans le bain, la tête la première… Il est 6h et déjà du monde devant Beijing Railway Station. Un zigzag entre les chinois et je trouve l’entrée du métro mais se faire comprendre du guichetier est la première épreuve de la journée, ça se finit au plan pris en photo sur le téléphone mais c’est pas fini. 6h du mat ça grouille, du monde partout, dans les escalators, pour faire la queue, pour passer les contrôles de sécurité (oui, rayons X SYSTEMATIQUES dans le métro chinois), pour valider le ticket et surtout dans le train, où le sac de rando achève de me faire remarquer.

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En sortant à Quianmen, l’auberge est à 10min de marche dans la fourmilière mouvementée et bruyante (ça klaxonne de partout et tout le temps) qu’est Beijing, même si tôt le matin. Pensant pouvoir me poser et finir ma nuit, j’ai la surprise d’apprendre que la chambre n’est pas libre puisque le check-out est à midi. J’ai donc 5h à tuer devant moi, pas le choix, bien qu’assez claqué, je laisse mon sac pour une première vadrouille dans la ville.

Comme on est à côté, je vais jeter un œil à la place Tian’anmen, déjà pleine de groupes de touristes chinois, chacun agrémenté d’un petit drapeau. Bien que très grande, la place n’a rien de vraiment impressionnant et la chaleur déjà écrasante à 7h me pousse à laisser le portrait et décliner l’invitation à visiter le mausolée de Mao pour retourner vers l’auberge et pousser plus au sud l’errance en visant un parc à 2km de là.

Le quartier est quand même assez touristique, beaucoup d’hébergements, de restos et de commerces, un Macdo, un KFC, des boutiques de souvenirs, rien de très authentique quoi. Mais en avançant plus loin dans la rue, l’ambiance change radicalement au bout de 200m, plus de foule, moins de bruit, que des chinois, rien d’écrit en anglais. La suite du chemin se fait le long de plus grandes artères et avec des regards surpris un peu partout, il ne doit pas souvent y avoir d’occidentaux qui passent pas là, pas de monument, pas de métro proche.

Le parc n’a rien d’exceptionnel mais je fais mes premières obs de Pie bleue et de Moineau friquet en ville, avec en prime le petit cliché chinois des ateliers de danse en groupe (qui parlera à ceux qui ont vu Casse-tête chinois).

Cette balade est surtout l’occasion d’un apprentissage sur la vie de piéton urbain en Chine, ou comment ne pas faire une attaque à chaque traversée. Le principe et de surveiller à la fois les voitures qui tournent à droite (sans s’arrêter au feu), les scooters (tous électriques) et les vélos. Pour faire simple, suivez les chinois et n’ayez pas peur de vous retrouver entre deux files de voitures.

Je suis déjà marqué par le mouvement, le bruit, l’agitation qui sont omniprésents. Combiné à une forte densité de population, le tout peut paraître un peu étouffant par moments, rude transition avec la Sibérie.

Un touriste parmi tant d’autres

04/09 – Ayant réservé la veille un tour vers la Grande Muraille, c’est départ 6h. Ça pique et c’est avec une bonne tête dans le cul que je me retrouve dans un bus plein d’occidentaux, pour le contact avec les locaux, on repassera.

Il y en a pour 3h de route avant d’apercevoir enfin des tronçons de muraille sur les crêtes, et une heure de plus jusqu’au fond de la vallée où notre guide nous donne les instructions dans un anglais compréhensible à 40% : en gros RDV à 15h à une tour en particulier, et pas de retardataires parce qu’on les attend pas (heu, elle déconne là ?).

Après un dernier trajet en téléphérique (sur forte incitation de la guide), on se retrouve enfin sur les crêtes. Effectivement le paysage est balèze, la crête hérissée de ce mur fortifié montre que les chinois de l’époque ne jouaient pas dans la même catégorie. Le peu de touristes rend la visite d’autant plus appréciable. Par contre, le soleil cogne dur et les vendeurs d’eau/bière/souvenirs qui nous alpaguent à intervalles réguliers l’ont bien compris.

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7 km et 300 photos plus tard, la redescente se fait à pied et le repas typiquement chinois agrémenté d’une Tsingtao bien fraîche est plus que bienvenu. Au retour, c’est le moment d’un autre apprentissage, celui des bouchons de Beijing, soit 1h30 pour 30 km. Le bus nous lâche finalement à la première station de métro venue. Le soir, c’est canard laqué, pour une journée « spécialités » complète.

Quelque chose de différent…

05/09 – Changement de plan, la cité interdite étant fermée, la journée sera occupée par une errance dans les hutongs.

Les hutongs, ce sont les quartiers encore un peu traditionnels de Beijing, mais qui ont tendance à se raréfier avec la « modernisation » de la ville pour laquelle ils sont détruits.

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Le coin est vraiment agréable. S’il y a aussi quelques touristes, ils sont plus rares. La verdure, l’ombre, l’absence de voiture contraste avec le reste de la ville. Petit à petit je me perds dans ces ruelles, si j’ai une idée générale de la direction que je prends, je n’ai aucune idée de la rue où je me trouve.

Cette virée change le sentiment que m’a donné Beijing jusqu’à maintenant, celui d’être au milieu de la masse mouvante, des voiture et scooters surgissant et klaxonnant dans tous les sens. L’endroit semble bien plus vivant et réel que le reste, malgré la tranquillité ambiante. Les gens vivent plus ici, pas de boutiques de souvenirs, pas d’auberges de jeunesses qui s’alignent, juste des habitations, quelques boutiques et des petits restaurants, mais sans pour autant verser dans le « hipster », c’est juste vrai, loin des grandes chaines occidentales bien présentes et de la masse rencontrée jusqu’ici.

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Retour à la masse

06/09 – Yep, retour à la masse et par n’importe laquelle, aujourd’hui c’est la Cité interdite. Pour y entrer, il faut déjà traverser la place Tian’anmen et son cortège de touristes chinois se déplaçant en groupes et passer sous le portrait de Mao (qui doit faire la toupie dans son mausolée vu le nombre de Macdo dans le kilomètre à la ronde).

Après avoir passé le premier mur d’enceinte, l’épreuve consiste à faire la queue pour acheter un ticket, « rien de bien méchant, il suffit d’être patient » me direz-vous, oui, mais quand les chinois derrière poussent sans ménagement, il faut travailler sur soi pour modérer son côté français râleur et rester d’un calme olympien.

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La cité interdite est une chose à voir mais une fois suffit. Le dédale d’allées et de bâtiments est intéressant pour le côté historique de la chose, et pour ça l’audioguide est indispensable sans quoi tout se ressemble et perd vite en intérêt. Ceci dit, la visite serait probablement plus agréable sans la forêt de perches à selfies qu’on croise un peu partout.

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Au final le plus impressionnant aura été la vue de la cité interdite et de la ville depuis la colline dans le parc au nord du complexe, grâce à un peu de verdure et une densité de population divisée par 100.

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07/09 – Dernier jour à Beijing. Histoire de parfaire le séjour 100% touriste, le programme du jour c’est le palais d’été. Après la cité interdite, n’étant motivé pour tourner dans des bâtiments toute la journée, je profite surtout du parc pour faire de l’ornitho et la sieste mais surtout tenter de faire des photos du palais avec lumière du soleil couchant (sur une idée originale de VG).

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A l’auberge, les rencontres sont nombreuses ce soir-là, que ce soit entre 3 nouveaux occupants dans le dortoir et des écossais rencontrés un autre soir, les discussions vont bon train. Le problème, c’est que si mon anglais s’est amélioré depuis un mois, c’est pas encore parfait, surtout pour suivre les conversations, et surtout après quelques bières.

08/09 – Et voilà, encore arrivé à la dernière minute à la gare de Shanghai, c’est pourtant pas faute de s’être levé assez tôt. Mais comme toujours, plus j’ai de temps, plus je traîne et là, avec le sac fait à l’arrache,  et les files d’attentes interminables à la gare, ça se finit en quasi-sprint, on se refait pas… Avec ça et la confiscation de mon Mora (couteau) aux contrôles de sécurité, je n’aborde pas Shanghai dans les meilleures conditions. Maintenant, 5h de train m’attendent avant d’être chez Rachel ce soir, où je vais souffler un peu.

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